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Elle est assez étonnante, Marie-Laure Béraud. Il faut oser par les temps qui stagnent, arborer des chansons pareilles, look réaliste et «négligé à fleurs», histoire de Bovary des faubourgs qui va chercher son Julot au bistrot, agrippe son héros cassé pour un tango ravagé, sert à boire aux mariniers de l'écluse et se toque, c'est logique, de poissons rouges (sur ladite Folle aux poissons rouges, il y a un accordéon qui vous flanque des frissons dans l'échine.)
Un petit coup d'anglais (remarquable As the years go passing by), un petit coup d'allemand et le décor est planté. Il a une sacrée gueule d'atmosphère. Dans son interprétation, Béraud (qui est aussi l'auteur de la plupart des chansons) n'en rajoute pas, point n'est besoin, on est assez saisis comme ça. S'il fallait lui chercher une parentèle, on songerait plutôt à Catherine Ringer, à Marie-José Vilar, voire à Colette Magny ; mais Béraud a une santé sardonique et décapante qui n'appartient qu'à elle. «Ma muse est une méduse» annonce-t-elle. Choc et brûlure assurés !

Anne-Marie Paquotte Télérama

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